Acompte ou arrhes : différences et conséquences en cas d’annulation ?

Illustration expliquant la différence entre acompte et arrhes et les conséquences en cas d’annulation

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Un client vous commande une prestation. Il vous propose de verser 30 % tout de suite « pour lancer le projet ». Vous acceptez. Puis le client se rétracte. Que devient cet argent ? Êtes-vous obligé de le rembourser ? Et si c’est vous qui versez un acompte à un fournisseur qui ne livre pas ?

La différence entre acompte et arrhes est essentielle à connaître avant de signer un devis ou de verser une somme à l’avance. En apparence, ces deux notions se ressemblent. Pourtant, en cas d’annulation, les conséquences juridiques et financières ne sont pas du tout les mêmes. C’est pourquoi il est important de bien les comprendre, que vous soyez professionnel ou client.

Quelle est la différence entre acompte et arrhes ?

Pour faire simple, l’acompte engage définitivement les deux parties. Autrement dit, le client s’engage à acheter, et le professionnel s’engage à fournir le bien ou la prestation. À l’inverse, les arrhes permettent à chacun de revenir sur sa décision, mais avec une conséquence financière.

Point à comparerAcompteArrhes
DéfinitionPart du prix définitif, versé avant la prestation (engagement ferme sur la commande)Somme versée à titre de garantie, déductible du prix final (option, droit de rétractation possible)
Si le client annuleLe professionnel conserve l’acompte à titre d’indemnité (sauf clause contraire)Le client perd la somme versée (sauf option ou droit de rétractation)
Si le professionnel annuleLe client peut exiger le remboursement, et selon le cas, des dommages et intéretsLe professionnel doit rembourser au client son avance, voire le double (sauf clause pénale différente)
Si rien n’est précisé dans le contrat avec un consommateurNon, la somme versée n’est pas considérée comme un acompteOui, la somme versée est considérée comme des arrhes

En pratique, il faut donc être très attentif au mot utilisé sur le devis, le bon de commande ou les conditions générales. En effet, un simple terme peut changer complètement vos droits.

Acompte : quelles conséquences si le client annule ?

Tout d’abord, l’acompte est une partie du prix payée à l’avance. Quand il est versé, cela signifie que la commande est confirmée. Le client ne peut donc pas simplement changer d’avis sans conséquence. De son côté, le professionnel doit aussi exécuter ce qu’il a promis.

Par conséquent, si le client annule, le professionnel ne se limite pas forcément à garder l’acompte. Il peut aussi demander l’exécution du contrat ou réclamer une indemnisation si un préjudice existe. Inversement, si le professionnel n’exécute pas la commande, le client peut demander le remboursement de l’acompte et, selon la situation, des dommages et intérêts.

Exemple simple : vous commandez un meuble sur mesure et vous versez 40 % d’acompte. Ensuite, vous changez d’avis. Dans ce cas, vous ne pouvez pas automatiquement récupérer cette somme : le professionnel a engagé des frais tels que l’achat de matières premières. Le vendeur peut même demander que le contrat soit respecté, sauf accord amiable entre les deux parties.

Arrhes : que se passe-t-il en cas d’annulation ?

Ensuite, les arrhes fonctionnent différemment. Elles laissent une possibilité de revenir sur la commande. Mais cette liberté a un coût. Si le client annule, il perd les arrhes qu’il a versées. Si c’est le professionnel qui annule, il doit en principe rembourser voire le double.

Autrement dit, les arrhes servent un peu de “prix du désistement”. Elles permettent de sortir du contrat sans aller jusqu’à l’exécution forcée de la vente ou de la prestation.

Exemple simple : vous réservez une salle et vous versez 500 € d’arrhes. Si vous annulez, vous perdez ces 500 €. En revanche, si le prestataire annule la réservation, il peut en principe vous rembourser jusqu’à 1 000 €.

Ce que la loi dit : article L214-1 du Code de la consommation. Dans les ventes aux particuliers (BtoC), si le professionnel encaisse des arrhes, le client a 7 jours pour se rétracter (sauf vente à distance où c’est 14 jours).

Si le contrat ne précise rien, parle-t-on d’acompte ou d’arrhes ?

C’est un point très important. Dans les contrats conclus entre un professionnel et un consommateur, si rien n’est écrit, la somme versée d’avance est en principe considérée comme des arrhes. Cela signifie que le client peut renoncer en perdant la somme versée, tandis que le professionnel qui annule doit la restituer jusqu’au double du montant versé.

En revanche, il ne faut pas généraliser cette règle à toutes les situations. Entre professionnels, tout dépend beaucoup plus du contrat et des clauses prévues. Il est donc essentiel d’écrire clairement ce qui est prévu en cas d’annulation.

Acompte, arrhes et délai de rétractation : ce qu’il faut savoir

Par ailleurs, il faut distinguer l’annulation simple du droit légal de rétractation. Lorsqu’un consommateur achète à distance ou hors établissement, il bénéficie en général d’un délai de rétractation de 14 jours. S’il exerce ce droit dans les délais, les sommes versées, y compris un acompte, doivent être remboursées, sauf exceptions prévues par la loi.

Attention toutefois : ce droit ne s’applique pas à tous les contrats. Par exemple, certains biens personnalisés ou fabriqués sur mesure ne bénéficient pas de ce délai de rétractation.

Entre professionnels : quelles règles pour l’acompte et les arrhes ?

Dans une relation entre entreprises, le contrat a encore plus d’importance. En effet, les parties peuvent prévoir des règles précises sur le versement initial, son remboursement, les pénalités ou les conditions d’annulation. Toutefois, une clause manifestement excessive comme « l’intégralité du prix reste due » pour une prestation non commencée, peut être discutée devant un juge.

Autrement dit, en BtoB, il ne suffit pas d’utiliser les mots “acompte” ou “arrhes”. Il faut aussi expliquer clairement ce qu’il se passe si l’une des parties annule ou n’exécute pas le contrat.

Comment bien rédiger un devis avec acompte ou arrhes ?

Pour éviter les malentendus, il est conseillé de faire apparaître noir sur blanc plusieurs éléments :

  • le terme exact utilisé : acompte ou arrhes. Ne jouez pas sur les mots ;
  • le montant versé, en euros et si possible en pourcentage, par exemple 20% du HT soit 1200€ ;
  • le moment où cette somme doit être payée comme « à la signature du devis » ou « à la commande »;
  • les conséquences en cas d’annulation par le client telles que « En cas d’annulation par le client, l’acompte reste acquis à l’entreprise » ou « En cas d’annulation par le client après le …., une pénalité de X% sera due » ;
  • les conséquences en cas d’annulation par le professionnel ;
  • l’existence d’un délai légal de rétractation en cas de vente à distance: 14 jours obligatoires.

Ainsi, chacun sait à quoi s’en tenir dès le départ, et le risque de litige diminue fortement.

Les erreurs à éviter avec l’acompte et les arrhes

  • Utiliser le mauvais mot : écrire “acompte” ce qui est en réalité une avance : Le client pourra réclamer le remboursement intégral si vous annulez. 
  • Ne rien préciser par écrit : en matière de consommation, l’absence de mention peut faire basculer la somme vers le régime des arrhes.
  • Confondre annulation et rétractation : ce n’est pas la même chose juridiquement. La rétractation permet au client de récupérer tout (même un acompte). Alors que l’annulation après délai, non.
  • Oublier les exceptions : certains achats, notamment les biens personnalisés, ne suivent pas les règles classiques de rétractation.
  • Prendre un acompte sans avoir signé de contrat écrit : en cas de litige, votre seul justificatif est un virement. C’est fragile.

Conclusion

En résumé, l’acompte correspond à un engagement ferme, alors que les arrhes permettent de renoncer en supportant une conséquence financière. Si vous êtes professionnel, le plus important est d’écrire clairement ce que vous demandez et ce qu’il se passe si la commande est annulée. Si vous êtes client, prenez le temps de vérifier le mot utilisé avant de payer.

En clair, un mot mal choisi peut avoir des effets très concrets sur votre argent. Mieux vaut donc relire le devis avec attention avant de signer.

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